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Fanny Nusbaum : performances mentales

La psychologue Fanny Nusbaum dévoile sa méthode pour une performance mentale durable : lumière, sommeil, suppléments et gestion des cycles hormonaux.

23 septembre 2026 · 9 min de lecture

Fanny Nusbaum et Benjamin Sant au micro sur le plateau du podcast, avec un cerveau entravé par des chaînes et le titre « Votre cerveau vous limite »

Par Benjamin Sant · Mis à jour le 24/09/2026

Et si la performance mentale n’était pas une question de volonté mais une question d’architecture quotidienne ? C’est la thèse défendue avec conviction par Fanny Nusbaum, docteure en psychologie spécialisée dans le cerveau, l’intelligence et la performance mentale, invitée du podcast Corps et Conscience. Loin des discours culpabilisants sur le dépassement de soi à tout prix, elle propose une vision exigeante mais réaliste : faire de sa vie une œuvre d’art, dans laquelle la performance professionnelle ne se paie pas au prix de la santé, de la famille ou du sommeil.

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L’intelligence est un état, pas une capacité fixe

Pour Fanny Nusbaum, la confusion la plus répandue consiste à croire que l’intelligence se résume à une capacité de raisonnement. Elle distingue cette dernière, qu’elle appelle la philocognition, c’est-à-dire l’amour de la pensée et du raisonnement, de l’intelligence proprement dite, qu’elle définit comme un état dynamique et mouvant. Selon elle, chacun traverse des phases très différentes : l’antiphase, où même les meilleurs raisonneurs ne parviennent à produire aucune idée, la compétence, qui correspond à un fonctionnement normal et adapté aux attentes de l’environnement, et enfin la performance, moment où tout s’aligne et où l’on parvient à exprimer le meilleur de soi-même.

Cette distinction change complètement la manière d’aborder le sujet. Il ne s’agit pas de se demander si l’on est intelligent ou non, mais de comprendre dans quel état on se trouve à un instant donné, et surtout comment créer les conditions pour basculer plus souvent vers l’état de performance. Fanny Nusbaum insiste sur ce point : on ne décide pas d’être performant comme on appuierait sur un bouton, tout comme on ne décide pas d’être en forme physique du jour au lendemain sans préparation.

La préparation compte davantage que l’improvisation

L’invitée développe une image parlante pour illustrer cette idée : vouloir être performant sans préparation reviendrait à espérer être en forme sans jamais avoir soigné son sommeil ni son exposition à la lumière du matin. Elle explique que la performance véritable naît d’un ensemble de conditions physiologiques et comportementales mises en place en amont, jusqu’à ce qu’une tension suffisante dans le système permette, selon son expression, de voir apparaître le feu d’artifice.

Cette logique de conditionnement se retrouve dans sa propre pratique de la prise de parole. Fanny Nusbaum raconte qu’elle n’a pas eu besoin de réviser avant l’enregistrement du podcast, car ses connaissances sont le fruit de plus de vingt-cinq ans de pratique, de lectures et de contact avec ses patients. Elle établit un parallèle frappant avec les étudiants qui révisent la veille d’un examen : sans automatismes intégrés, le travail reste visible, la personne transpire son manque de préparation, et cela se ressent immédiatement dans la qualité de la prestation et dans la confiance qu’elle inspire.

Une routine matinale bâtie sur la lumière et la répétition

Concrètement, la journée de Fanny Nusbaum commence par une exposition à une lumière de vingt mille lux associée à de la lumière rouge, qu’elle utilise notamment pour préserver sa vision face aux premiers signes de presbytie. Elle enchaîne avec trente-six squats lestés grâce à un gilet de poids, pour activer rapidement l’adrénaline et le cortisol. Cette routine n’a rien d’anodin : elle raconte avoir ressenti une baisse nette d’énergie lors d’un séjour à Bangkok, où le ciel resté couvert plusieurs jours l’a privée de cette stimulation lumineuse matinale, avant de retrouver instantanément de l’énergie dès le retour du soleil, quitte à perturber son sommeil ce soir-là.

Elle applique également le principe de suppression des frictions, popularisé par les travaux sur les habitudes, en préparant chaque matin les compléments alimentaires de toute sa famille dans des piluliers organisés par moment de la journée. Le zinc se prend ainsi à jeun le matin, tandis que le magnésium est réservé au soir, les deux minéraux empruntant partiellement les mêmes voies d’assimilation. Pour la concentration, elle recommande d’activer la triade dopamine, acétylcholine et adrénaline, par exemple via la caféine, la L-tyrosine ou la choline, en évitant toutefois de répéter ce protocole quotidiennement pour ne pas créer d’habituation.

Le brouillard mental trouve son origine dans le mode de vie

Interrogée sur ce fameux brouillard mental que tant de personnes décrivent, Fanny Nusbaum refuse l’idée d’une zone cérébrale unique responsable de ce phénomène. Elle l’explique plutôt par un déséquilibre global : mitochondries sous-nourries, système désorganisé, énergie détournée vers la lutte plutôt que vers la clarté mentale. Elle cite la périménopause comme période particulièrement propice à ce brouillard, tout en soulignant qu’à cinquante ans, elle n’en présente elle-même aucun signe, un fait qu’elle attribue à la combinaison de la lumière, de l’alimentation riche en protéines et de la prise régulière de créatine, qu’elle considère comme un complément quasiment incontournable à tout âge.

Elle insiste également sur la nécessité d’adapter son rythme selon les fenêtres naturelles de concentration, situées environ trente minutes, trois heures et onze heures après le réveil. Les tâches les plus exigeantes intellectuellement doivent être placées tôt, tandis que l’après-midi se prête davantage à des activités plus douces, portées par la sérotonine. Cette organisation vaut aussi pour les femmes selon les phases de leur cycle menstruel, la seconde moitié du cycle s’accompagnant généralement de davantage de fatigue et d’irritabilité, ce qui invite à revoir ses exigences plutôt qu’à forcer coûte que coûte.

L’état d’esprit façonne autant la performance que la physiologie

Au-delà des routines corporelles, Fanny Nusbaum défend une dimension psychologique essentielle : la manière dont on choisit d’interpréter les événements. Elle raconte une conversation avec sa fille, stressée par la reprise scolaire, à qui elle explique que le stress n’est pas une fatalité mais un choix d’interprétation. Elle cite Confucius, pour qui celui qui dit qu’il peut et celui qui dit qu’il ne peut pas ont tous deux raison, et illustre son propos par les travaux d’Amy Cuddy sur les postures de pouvoir, qui montrent qu’adopter une posture ouverte fait baisser le cortisol et augmenter la testostérone en quelques minutes seulement.

Elle rejette enfin la neutralité bienveillante enseignée classiquement en psychologie, préférant assumer un rôle de mentor auprès de ses patients. Elle affirme n’accompagner que les personnes partageant sa vision de ce qui est juste, considérant qu’un désaccord profond sur ces valeurs rend l’accompagnement thérapeutique difficile, même avec la meilleure volonté du monde. Cette conviction s’applique aussi à sa méfiance envers les injonctions génériques comme celle de se reconnecter à ses émotions, qu’elle juge vide de sens sans contexte précis, notamment pour les profils philocognitifs capables d’une forte inhibition émotionnelle au service de la pensée.

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Passer à l’action

La performance mentale durable ne repose ni sur la volonté pure ni sur des astuces isolées, mais sur un système cohérent mêlant lumière, sommeil, nutrition, suppléments ciblés et état d’esprit assumé. Fanny Nusbaum rappelle que chaque habitude compte moins que leur articulation quotidienne, répétée jusqu’à devenir automatisme.

Ces repères relèvent de la prévention et de l’hygiène de vie, en complément d’un suivi médical et jamais à sa place. Pour une approche adaptée à votre situation, découvrez les accompagnements Élite Longévité. Les modalités sont précisées lors d’un premier échange.

Sources

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la philocognition selon Fanny Nusbaum ?

La philocognition désigne l’amour du raisonnement et de la pensée. Selon Fanny Nusbaum, elle est souvent confondue avec l’intelligence, alors qu’elle correspond simplement à une appétence naturelle pour le monde intellectuel, qui rend certaines personnes plus à l’aise dans l’analyse mais ne définit pas leur état global de performance.

Pourquoi l’exposition à la lumière du matin est-elle si importante ?

L’exposition matinale à une forte luminosité, idéalement autour de vingt mille lux, aide à activer naturellement le cortisol et à enclencher les mécanismes d’éveil. Fanny Nusbaum a personnellement constaté une baisse d’énergie marquée lors d’un séjour sans soleil matinal, preuve selon elle d’un effet hormonal direct plutôt qu’un simple ressenti subjectif.

Comment adapter son rythme de travail selon les fenêtres de concentration ?

Trois fenêtres de forte concentration surviennent environ trente minutes, trois heures et onze heures après le réveil. Il est conseillé de réserver les tâches les plus exigeantes aux premières heures de la journée, puis de basculer progressivement vers des activités plus douces et créatives en fin de journée pour respecter les cycles naturels du cerveau.

Le brouillard mental est-il uniquement lié à l’âge ou à la ménopause ?

Non, même si la périménopause favorise ce phénomène, le brouillard mental résulte surtout d’un mode de vie global : alimentation inflammatoire, manque de protéines, sédentarité ou tabagisme. Fanny Nusbaum souligne qu’une hygiène de vie rigoureuse, incluant la créatine et les omégas trois, permet de retarder nettement ces symptômes.

Pourquoi Fanny Nusbaum refuse-t-elle la neutralité bienveillante en thérapie ?

Elle considère que s’abstenir de donner son avis n’aide pas réellement le patient. Elle préfère assumer un rôle de mentor, affirmer clairement ses convictions sur ce qui est bénéfique ou non pour la personne accompagnée, tout en reconnaissant que cette approche nécessite un alignement de valeurs entre elle et son patient.

Faut-il prendre de nombreux compléments alimentaires pour être performant ?

Non, Fanny Nusbaum précise qu’elle-même en prend une dizaine, ce qu’elle juge déjà conséquent, alors que pour la plupart des personnes accompagnées, trois compléments bien choisis suffisent largement. L’essentiel reste la cohérence de la routine globale plutôt que la quantité de produits consommés chaque jour.

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